Vie Paroissiale

Bulletin - 07 Janvier 2018

Le coeur des Mages

Le cœur des Mages s’est mis en route vers Dieu en même temps que leurs pas se dirigeaient vers Bethléem. Ils ont cherché Dieu, mais c’est Dieu qui conduisait leur recherche dès le moment où ils l’ont entreprise. Ils sont de ceux qui, dévorés par la faim et la soif de justice, aspirent vers le Sauveur, et repoussent la pensée que l’homme pourrait, sur la route de sa rencontre avec Dieu, négliger de faire le petit pas qui lui est demandé, sous prétexte que Dieu, lui, doit en faire mille.

Ils le cherchent donc, lui, le Salut. Ils le cherchent au firmament du ciel, mais aussi dans leur cœur ; dans le silence, mais aussi par les questions qu’ils posent aux hommes, y compris aux juifs et à leurs saintes Écritures. Ils voient une étoile se lever au firmament d’une façon insolite, et voici que, par une douce condescendance de Dieu, leur science astrologique se trouve être le seul moyen de répondre à l’attente de leur cœur innocent.

Ah ! leur cœur aura bien tremblé un peu lorsque leur science, rejoignant l’idée vague, répandue autour d’eux, que les Juifs attendaient un Sauveur, a pris brusquement l’allure d’une exigence pratique, celle d’un voyage très concret à entreprendre. Ils se seront effrayés de leur propre audace : n’était-ce pas pécher par manque de réalisme et d’esprit pratique que d’avoir pris ainsi au sérieux les nobles conclusions de la raison théorique ? Mais non, ils sont forts, et animés d’un saint courage. Ils s’inclinent, ils partent. Et voilà soudain leur cœur plus léger dès le moment où, quittant leur chez-eux, ils ont risqué le saut hardi
qui leur était demandé ; ainsi en va-t-il toujours de celui qui, ayant tout risqué, se révèle plus courageux que ne l’aurait laissé supposer son existence quotidienne antérieure. Ils empruntent des chemins bien sinueux ; mais, aux yeux de Dieu, c’est justement le seul itinéraire qui mène à lui dès lors qu’ils le cherchent avec confiance. La panique les saisit, si loin de chez eux et de leur train-train habituel ; mais ils savent que telle est la condition humaine : perpétuel voyageur, l’homme doit renouveler constamment son horizon et ne s’accroche nulle part, sous peine de ne trouver, au lieu de sa vraie patrie et de son vrai lieu de repos, qu’un simple campement de voyage. Ils réalisent ainsi de façon existentielle (et non à coup d’idées cérébrales) que la vie est une incessante transformation, et qu’on n’atteint pas son épanouissement qu’à travers mille renouvellements de soi-même - K. Rahner.

C’est avec ces quelques lignes que je vous présente, avec le Père Tolon, le Père Dor, Patrick Laudet et tous ceux qui œuvrent à la Cathédrale, tous mes
vœux de très belle année. Laissons-nous surprendre par l’imprévu de Dieu !

Père Jean-Sébastien Tuloup

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