Vie Paroissiale

Bulletin - 11 mars 2018

Quelques lignes de commentaire sur l’une des Préfaces du Temps du Carême, nourriture spirituelle:

Tu offres à tes enfants ce temps de grâce pour qu’ils retrouvent la pureté du cœur ; tu veux qu’ils se libèrent de leurs égoïsmes, afin qu’en travaillant à ce monde qui passe, ils s’attachent surtout aux choses qui ne passent pas.

Deux textes de saint Léon le Grand (+ 604) inspirent cette Préface.

Une institution divine éminemment bienfaisante a donc prévu, pour rendre la pureté à nos âmes, le remède d’un entraînement de quarante jours ... - Sermon 4 sur le Carême 1

Ne nous laissons donc pas envahir par les choses temporelles qui ne sont qu’apparence, et que les biens de la terre ne détournent pas de ceux du ciel vers eux, notre contemplation – Sermon 1 sur la Résurrection 5

1. Le Carême est un renouvellement dans l’Esprit.

Ce chemin est une invitation à faire une expérience de liberté, ancrée sur les vraies valeurs qui illuminent nos vies quotidiennes – Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en-haut où le Christ demeure assis à la droite de Dieu. Affectionnez-vous aux choses d’en-haut, et non à celles de la terre : car vous êtes morts, et votre vie est cachée avec le Christ en Dieu - Col 3, 3. Cette expérience est un don de Dieu offert à l’homme dans un temps déterminé - ce temps de grâce – avec le but de le mener au Salut. Dans ce temps, Dieu manifeste son œuvre de réconciliation.

C’est également le moment des choix pour le Christ. En effet, l’Église se propose de renouveler l’homme de l’intérieur pour que, de son cœur, naisse la volonté d’une radicale nouveauté de vie. Cela devient possible par la conversion : par elle, l’homme se libère des obstacles – de leurs égoïsmes – qui affectent son cœur et son âme et qui l’empêchent de suivre la volonté du Père.

Se convertir signifie rompre totalement avec le péché. Pour les baptisés, la conversion est une condition nécessaire – cf. Rm 6, 3-11. Qui rencontre le Christ doit changer de direction et marcher sur le chemin du Christ, sur le chemin qui est le Christ.

2. Une redécouverte de la véritable échelle des valeurs.

Renouvelé par la conversion, le chrétien établit un lien nouveau avec le réel - nos regards ne s'attachant point aux choses visibles, mais aux invisibles ; car les choses visibles ne sont que pour un temps, les invisibles sont éternelles – 2 Co 4, 18. Lui apparaît en fait la relativité des choses. Le monde est entièrement en lien à l’éternité : c’est l’éternel qui donne de la consistance à l’histoire. De plus, le chrétien, en approfondissant ce lien avec l’éternité et en en assimilant les contenus jusqu’à les rendre constitutifs de son propre être (s’attachant aux choses qui ne passent pas), peut s’immerger dans les réalités créées (en travaillant) en les perfectionnant avec la conviction que de telles réalités sont contingentes et n’ont aucun élément de stabilité (qui passent). À noter la forme afin que ... qui exprime la corrélation entre les deux plans dont le deuxième, éternel, anime et donne la vitalité au premier, historique.

Il existe dans l’homme une double composante, l’une profondément liée à l’autre. Le chrétien, illuminé par l’éternité, engagé sur le chemin eschatologique, donne un visage et un sens au visible, à ce qui est dans le monde Il a tout mis sous ses pieds, et l’a constitué, au sommet de tout, Tête pour l’Église, laquelle est son Corps, la Plénitude de Celui qui est rempli, tout en tout – Ep 1, 22-23.

Père Jean-Sébastien Tuloup

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