Vie Paroissiale

Bulletin - 13 mai 2018

LA TENDRESSE DU PÈRE

Dans l’histoire de la Révélation, Dieu s’est d’abord révélé à travers des images de la paternité masculine et seulement ensuite à travers celle de la maternité féminine. Le Père engendre à l’extérieur de soi un enfant qui se perçoit immédiatement comme autre que lui. En revanche, la mère conçoit dans son propre sein, et pendant ce temps de la gestation, mère et enfant connaissent une immanence vitale, telle que la perception de l’altérité de l’enfant par rapport à elle sera une acquisition progressive dans laquelle le père jouera un rôle décisif.

La tendresse de Dieu, c’est donc d’assumer les deux ?

Oui, mais si, comme dans beaucoup de religions païennes, la Révélation était partie d’une image maternelle de la divinité, elle aurait laissé l’homme dans l’immanence panthéiste d’une « Terre-mère », que l’on retrouve dans certaines théologies féministes ou écologiques extrêmes. Il fallait donc que le Dieu créateur se révèle d’abord sous les traits d’un père qui donne la vie à ses créatures, créatures qui sont de lui mais pas lui. Pour fonder la liberté humaine, permettre que la créature existe comme autre que Dieu, il fallait donner l’antécédent à l’image paternelle. La foi monothéiste au Dieu Créateur étant bien posée dans l’image du Dieu-Père, une certaine qualité divine de la tendresse aimante de Dieu peut alors se révéler à travers une thématique maternelle. C’est sur cette base d’une séparation primordiale qui établit la créature en face du Créateur dans l’’Alliance, que va pouvoir se développer sans risque ni confusion tout l’élan de l’union mystique à Dieu dans l’amour et la tendresse.

Patrick Laudet, , Ce que dit la Bible... La tendresse, Nouvelle Cité (2015),
pp. 83-84

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